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Réglementation

Plan d’action UE contre les menaces drones : ce qui change vraiment (et le nouveau seuil à 100 grammes)

Le 11 février 2026, la Commission européenne a dévoilé à Strasbourg son plan d’action de lutte contre les menaces liées aux drones. Notre analyse : ce qui est vraiment opérationnel pour les exploitants de sites sensibles, et le futur seuil à 100 g qui va transformer la détection.

Par Équipe DECTYRPublié le 15 février 20268 min de lecture
Survol d’un site sensible européen — illustration du plan d’action UE 2026 contre les menaces drones

En conférence de presse le 11 février 2026 à Strasbourg, la Commission européenne a présenté un plan d’action ambitieux de lutte contre les menaces liées aux drones. Il fait directement écho aux nombreux signalements de survols non identifiés observés au Danemark fin 2025 puis dans plusieurs États membres. L’objectif officiel : structurer une réponse européenne homogène et donner aux exploitants des moyens efficaces de lever le doute. À DECTYR, nous l’avons étudié sous l’angle qui nous intéresse : qu’est-ce qui change pour les responsables sûreté et les acheteurs de solutions de détection en 2026-2027 ?

Pourquoi ce plan, et pourquoi maintenant ?

Le déclencheur est connu : la vague de signalements de drones non identifiés au-dessus d’aéroports et de bases militaires européennes à l’automne 2025 a mis en lumière deux limites majeures du dispositif actuel — l’absence de levée de doute systématique et la fragmentation des moyens entre États membres.

La Commission ne raisonne donc plus uniquement en termes d’aviation, mais en termes de sûreté intérieure et de défense civile. C’est un changement de posture politique significatif, qui rapproche le sujet drone des préoccupations des opérateurs d’infrastructures critiques (OIV en France).

Dix mesures pour structurer une réponse européenne

Le plan empile une série de mesures, dont les plus importantes structurent un véritable écosystème C-UAS européen.

  1. Identification et soutien des acteurs industriels « civilo-militaires » capables de proposer des outils de lutte anti-drones, avec facilitation des investissements.
  2. Création d’un « centre d’excellence de l’UE en matière de contre-drones » pour mutualiser doctrine et retours d’expérience.
  3. Mise en place d’un système de certification des systèmes contre-drones — un point très attendu par les acheteurs publics et OIV.
  4. Lancement d’un forum industriel D-TECT (Drone TEch for Countering Threats) au 2e trimestre 2026.
  5. Création d’un label « Drone de confiance de l’UE » au 4e trimestre 2026, avec une évaluation coordonnée des risques de la chaîne d’approvisionnement.
  6. Exploitation des réseaux 5G et futurs 6G pour la détection : capter les drones connectés en cellulaire, et utiliser l’Integrated Sensing and Communication (ISAC) pour faire des stations 5G des radars opportunistes.
  7. Constitution d’équipes de réaction rapide multi-États pour les incidents drones, à horizon T4 2026.
  8. Mise en place d’un exercice annuel européen de lutte anti-drones grande échelle, pour tester la coopération transfrontalière.
  9. Étude d’une plateforme européenne unifiée de signalement d’incidents drones, accessible aux autorités nationales.
  10. Accélération du travail sur la définition numérique et la publication des zones où les opérations drones sont restreintes (géographie réglementaire).

Le tournant à 100 grammes : le vrai changement opérationnel

Au-delà des mesures de structuration industrielle, le plan d’action comporte un volet qui va impacter directement chaque opérateur en Europe : un nouveau seuil de masse à 100 g pour plusieurs obligations clés.

Aujourd’hui, l’enregistrement d’exploitant et le Direct Remote ID sont imposés respectivement aux drones de plus de 250 g (ou équipés d’une caméra) et aux drones des classes C1, C2, C3, C5 et C6. La Commission propose de descendre ces seuils à 100 g d’ici le 3e trimestre 2026.

Concrètement, les mesures envisagées sont :

  • Rendre obligatoire l’enregistrement de tous les exploitants de drones de plus de 100 g.
  • Étendre l’obligation d’identification directe à distance (Direct Remote ID) à tous les drones de plus de 100 g.
  • Interdire le décollage des drones sans saisie préalable d’un numéro d’identification d’exploitant.
  • Étendre les exigences de géovigilance à tous les drones de plus de 100 g.
  • Évaluer, à horizon 2027, les conditions techniques d’une géobarrière généralisée pour empêcher l’entrée involontaire en zones sensibles.

Pourquoi ce seuil de 100 g est un game changer pour la détection

Pour les acteurs de la détection coopérative — donc pour DECTYR — c’est une excellente nouvelle. L’extension du Direct Remote ID aux drones de plus de 100 g signifie qu’une part majeure des drones du commerce qui passent aujourd’hui « sous le radar coopératif » (mini drones, FPV légers, certains DJI Mini par exemple) devra à terme diffuser une trame d’identification standard EN 4709-002.

Côté sites sensibles, cela renforce mécaniquement la valeur d’une détection RF passive : davantage de drones identifiables sans ambiguïté, davantage d’événements documentables avec une chaîne de preuves opposable, et un environnement RF mieux structuré pour distinguer survol licite et survol litigieux.

Le DECTYR RX-5 est nativement conforme à cette trajectoire : il capte déjà les cinq cadres Remote ID (UE EN 4709-002, USA ASTM F3411-22a, signalement français, JANS 0401 Japon, B-RID Singapour) et bénéficiera automatiquement de l’extension du périmètre coopératif.

Ce que nous pensons des limites du plan

Toutes les mesures du plan ne sont pas également pertinentes. L’encouragement à la production d’outils anti-drones, l’intégration de technologies émergentes comme l’ISAC, et la certification des systèmes C-UAS vont dans le bon sens.

En revanche, l’empilement de contraintes sur les exploitants vertueux nous semble structurellement déséquilibré : un pilote intentionnellement malveillant ne s’enregistrera jamais comme exploitant UAS, n’ajoutera pas son numéro sur l’aéronef et utilisera des drones modifiés. Pour rendre ces mesures efficaces, il faudrait que tous les drones de 100 g et plus soient soumis à une obligation effective de Direct Remote ID, de géovigilance et éventuellement de géobarrière — y compris les modèles mis sur le marché avant 2024 et les drones construits à titre privé.

Or il est techniquement difficile, et parfois impossible, de rendre conformes ces appareils antérieurs. Soit ils seront exemptés (et les mesures perdront de leur efficacité), soit ils seront interdits de vol (avec un effet politique non négligeable sur la communauté des télépilotes). Le calendrier précis et la mise en œuvre par les textes d’exécution diront jusqu’où la Commission ira.

Notre lecture pour les responsables sûreté

Pour un responsable sûreté ou un acheteur de solution de détection, le message est clair :

1. La trajectoire européenne va dans le sens d’une couverture coopérative étendue. Investir aujourd’hui dans une détection passive Remote ID, c’est s’aligner sur la doctrine 2026-2027 — ce que le DECTYR RX-5 fait nativement.

2. La certification européenne des systèmes C-UAS et le label « Drone de confiance de l’UE » vont devenir des références de marché. Les fabricants français et européens, à chaîne d’approvisionnement maîtrisée, sont mieux positionnés pour s’y conformer.

3. Les capacités d’interdiction (brouillage, leurrage, cinétique) restent réservées aux acteurs étatiques. Le rôle des sites privés reste donc : détecter, documenter, signaler. La qualité de la chaîne de preuves (horodatage, trajectoire, Remote ID, rapport PDF signé) sera de plus en plus déterminante.

4. Les opérateurs OIV doivent dès maintenant intégrer dans leurs plans de continuité l’hypothèse de scénarios proches de ceux observés au Danemark : survols répétés, possibles essaims, drones non coopératifs. La complémentarité RF + radar + EO/IR sous hypervision (modèle DECTYR Hub) trouve ici tout son sens.

En résumé

Le plan d’action européen du 11 février 2026 est moins un texte réglementaire qu’une orientation politique. Il dessine pour 2026-2027 un cadre où la détection coopérative s’étend (seuil 100 g), où l’industrie C-UAS se certifie (label UE), et où la coopération transfrontalière se structure (centre d’excellence, exercices annuels).

Pour les opérateurs de sites sensibles français et européens, c’est un signal : ne pas attendre 2027 pour traiter le sujet drone, et choisir des solutions alignées avec la trajectoire européenne — souveraines, conformes à l’ensemble des normes Remote ID, et conçues pour évoluer.

Source officielle: Commission européenne — communiqué IP/26/364 (11 février 2026)

FAQ

Quand le seuil de 100 g entrera-t-il en vigueur ?

La Commission européenne vise une adoption des mesures d’ici le 3e trimestre 2026. La mise en œuvre effective dépendra des textes d’exécution. Une période transitoire pour les drones déjà sur le marché est probable.

Faut-il remplacer mon détecteur actuel ?

Si votre détecteur est multi-cadre (EU EN 4709-002, US ASTM F3411-22a, signalement français), comme le DECTYR RX-5, il bénéficiera automatiquement de l’extension du périmètre coopératif sans remplacement matériel.

Le label « Drone de confiance de l’UE » sera-t-il obligatoire ?

À ce stade, il s’agit d’un label volontaire mais qui sera très probablement intégré aux exigences des achats publics et des OIV. Anticiper son adoption est une décision sûre.

Quel impact sur la détection des drones artisanaux ?

Le plan ne résout pas directement le cas des drones modifiés volontairement pour ne pas diffuser de Remote ID. Pour ces cas, la complémentarité RF non coopératif + radar reste indispensable.

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